AKAA 2025
- Dany

- 28 oct. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 29 oct. 2025
Il y a des événements qui ne se racontent pas, ils se traversent. La journée presse d’AKAA 2025 en fait partie.
10 ans de présence.
Cette édition avait une saveur particulière.
Une décennie de vibrations.
Une Afrique qui s’affirme.
Une Afrique qui ne se résume pas, qui ne s’excuse plus, mais qui affirme ses formes, ses mémoires, ses visions.
Dix ans déjà qu’AKAA tisse des ponts entre les scènes artistiques africaines et la diaspora.
Dix ans de récits, de résistances, de résonances.
Et cette année, quelque chose vibrait autrement. Une solennité joyeuse, une promesse dans l’air. 2025 ne sera pas une édition comme les autres.
Au cœur de cette matinée, la voix du nouveau directeur artistique a partagé une vision où l’art devient mémoire. Ici, rien n’est figé. Tout est mouvement, dialogue, transmission.
Sitor Senghor, nouveau directeur artistique, a trouvé les mots justes.
L’art comme geste de mémoire. La matière comme langage.
Son discours, à la fois spirituel et politique, a ouvert un espace de pensée rare. On y sentait le souffle de Senghor, le poète, et cette conviction profonde. L’artiste africain n’imite pas, il invoque. Il relie le visible à l’invisible, la terre à l’esprit.
Il y a des stands qu’on traverse distraitement, et d’autres qui nous traversent. J’ai trouvé le Gabon. Pas celui qui parle bas, mais celui qui dit vrai.
C’est la première fois que l’Institut français du Gabon participe à l’événement Also Known As Africa. Et pourtant, tout semblait à sa place. Comme si cette présence attendait son heure. Comme si, enfin, une porte s’était ouverte entre Libreville et Paris, entre la mémoire et le présent.
Une première fois qui dit beaucoup.
Le Gabon n’était pas venu pour être vu. Il était venu pour exister. Pour dire, nous aussi, nous faisons partie du mouvement.
Cette participation est plus qu’une invitation. C’est une affirmation de présence. Une manière de prendre place dans le grand récit de l’art contemporain africain.
Sous la bannière de l’Institut français, une idée simple et belle. Montrer que la création gabonaise a sa propre voix. Singulière, ancrée, vibrante.
Le projet présenté vient d’un lieu habité, chargé. Un lieu qui respire encore les voix du passé. En 2024, l’ancienne ambassade de France à Libreville a été transformée en résidence d’artistes, Duvangu. Pendant plusieurs mois, des artistes locaux, de France et d’Afrique centrale ont occupé ce lieu.
Sur le stand, deux femmes portaient la mémoire avec une douceur inébranlable.
Julie Mvié parle de l’invisibilité sociale, de ceux qu’on ne regarde plus, de ce qui se perd dans la lumière. Ses photographies sont des prières silencieuses.
Catarina Neto Barroso, originaire de São Tomé, propose une autre forme de mémoire. Abstraite, intime, sensorielle. Ses toiles ne cherchent pas à expliquer, mais à faire ressentir. Entre couleur et silence, elle évoque l’émotion du souvenir plus que son image.
Deux femmes, deux voix. Et entre elles, une résonance, celle d’une Afrique centrale féminine, douce et radicale à la fois.
Ce que j’ai compris en les écoutant, c’est que cette présence du Gabon à AKAA va bien au-delà de l’art. C’est une diplomatie du sensible. Un dialogue entre la France et l’Afrique, mais surtout entre les mémoires. Non plus une histoire d’enseignement, mais de co-création. Non plus un regard venu d’ailleurs, mais des regards croisés, égaux, vivants.
Une Afrique, inventive, universelle.
Ce projet est porté par la commissaire Vanessa Tess Odongui Bonnard, dont le travail explore les liens entre mémoire, création et transmission , au sein des scènes africaines contemporaines.
Cette première présence à AKAA n'est pas un détail.
C'est un souffle, un signal.
Parce qu'à travers julie, Catarina et Vanessa le Gabon ne reste plus en marge. Il entre en scène avec douceur.
Une voix de plus, une voix juste.
Et désormais, une voix qui sonne.
Et une certitude, l'art, ici, est un souffle qui relie.
Merci à celle et ceux qui année après année, renouvellent leur confiance.
Merci pour cette fidélité qui fait écho à ma mission, raconter, révéler.
Merci à Fallone Ossantsouo, dont la présence lumineuse a rendu cette traversée possible.






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